Évaluer l’infestation

L’intérêt du suivi d’infestation

Le suivi de varroa dès le printemps est devenu indispensable pour appréhender sereinement la saison apicole. Pour cela, l’indicateur utilisé est la mesure du taux de varroas phorétiques (présents sur les abeilles ayant émergées) pour 100 abeilles (VP/100ab). Il ne reflète pas exactement l’infestation des colonies d’abeilles, mais constitue un puissant indicateur de la présence de varroa sur les abeilles adultes à l’échelle d’un rucher (et non d’une colonie).

A chaque moment clé de la saison apicole, la mesure du VP/100ab permet d’adapter les pratiques pour gagner en efficience sur l’exploitation : selon le niveau d’infestation du rucher, vous pourrez décider de l’avenir des colonies du rucher évalué (miellées d’été, essaims, …).  Par exemple, un rucher présentant une faible infestation pourra poursuivre la production sur les miellées d’été, tandis qu’un autre présentant une infestation plus élevée sera plutôt utilisé pour faire des essaims (avec un traitement).

Des apiculteur·rices professionnel·les nous expliquent comment ils l’ont intégré dans la conduite de leurs ruchers et ce en quoi il en est devenu un outil de gestion primordial pour eux.

Seuils critiques de varroas selon la saison

Comment réaliser cette mesure ?

Présentation des trois méthodes de comptages des varroas phorétiques

Un échantillonnage de 8 ruches suffit à obtenir une représentativité statistique à l’échelle d’un rucher de plus de 20 colonies.

La « Base Varroas phorétiques »

La « Base Varroas phorétiques » est une compilation des données de comptage des varroas phorétiques pour 100 abeilles accompagnées de quelques informations complémentaires nécessaires à l’analyse.
Elle a été constituée à l’initiative de l’ADANA, de l’ADAPI et de l’INRA-BioSP et actuellement alimentée par les acteurs suivants : ADA-Bretagne, ADAGE, ADA-NA, ADAPI, ADAPIC, ADA- AURA, ADA-OCCITANIE, AOP-Corse, INRA-Magnereau, INRA-A&E, INRA-BioSP, ITSAP, UNAAPI.

Pourquoi et comment une « base varroas phorétiques » ?

À l’origine, ce travail de fourmi a été initié en 2017 par ADAPI, ADANA et INRA-BioSP et avait abouti à la publication d’un poster présenté lors des « Journées de la Recherche Apicole ».
Il poursuivait trois objectifs principaux : inciter les apiculteurs à évaluer la charge en varroa de leurs colonies, fournir aux apiculteurs des données de référence auxquelles ils puissent se comparer, mettre à leur disposition un outil d’aide à la décision.
Cette base avait notamment permis de modéliser l’évolution de l’infestation aux cours des mois et des saisons et d’établir des seuils de nuisibilités en fonction des régions selon les mois grâce au seuil critique déterminé par André Kretzschmar en 2017 avant la miellée de lavande de 3 varroas phorétiques pour 100 abeilles (VPh/100ab).
En 2018, la base de données a été ouverte à l’ensemble du réseau des ADA.
En mars 2020, la base rassemblait 48 299 données nationales.

Quand les données de la base nous parlent…Que nous apprennent-elles ?

Les premières synthèses des résultats réalisée par L. Frontero, A. Maisonnasse et A. Kretzschmar ont permis de mettre en évidence une variation de la charge parasitaire selon les années et des évolutions annuelles du taux de VPh/100ab différentes.
Par ailleurs, la comparaison des variations par région et par saison indique que les charges en varroa seraient semblables entre certaines régions et iraient dans le sens d’un gradient nord-sud.
Ainsi, trois groupes de régions se distinguent :

  • L’Auvergne, Rhône-Alpes, le Centre et la Corse ont des charges varroa moins importantes qu’Aquitaine
  • Midi-Pyrénées et PACA ont des charges similaires à Aquitaine
  • Languedoc-Roussillon possède des charges plus élevées que les autres régions

Il convient toutefois de rester vigilant dans l’analyse des données car les efforts d’échantillonnage varient fortement d’une région et d’une saison à l’autre.

Variations mensuelles de la charge en varroas, toutes années et toutes régions confondues

Variations saisonnières de la charge en varroas, toutes années et toutes régions confondues

Dans le graphique ci-contre, les données sont regroupées en quatre périodes clés :

  • Le printemps allant de mars à mi-mai en fonction des régions,
  • Le début d’été allant de mi-mai à mi-juillet,
  • La fin d’été allant de mi-juillet à début septembre. Cette période correspond à la fin de la saison de production avant traitements estivaux,
  • L’automne allant de mi-septembre à décembre après traitements de fin de saison.
Synthèse succincte : base varroas phorétiques

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